Attentat à Paris: Macron pointe «l’hydre islamiste»

(Paris) Le président français Emmanuel Macron a appelé mardi à « un combat sans relâche » contre « l’hydre islamiste », lors d’un hommage aux quatre fonctionnaires de la préfecture de police de Paris tués par leur collègue, soupçonné d’avoir eu en sa possession des vidéos djihadistes.

M. Macron a promis qu’un « combat sans relâche » serait mené « face au terrorisme islamiste », appelant les Français à « faire bloc » après cet attentat sans précédent, perpétré au cœur même d’une administration censée être l’un des fers de lance de la sécurité de l’État.

« Vos collègues sont tombés sous les coups d’un islam dévoyé et porteur de mort qu’il nous revient d’éradiquer », a lancé le chef de l’État lors d’une cérémonie d’hommage organisée dans la cour de la préfecture, où Mickaël Harpon, qui y travaillait comme informaticien depuis 2003, a été abattu jeudi par un jeune policier après sept minutes de périple meurtrier.

Le chef de l’État a appelé « la nation tout entière » à « se mobiliser » face à « l’hydre islamiste ». « La lumière sera faite, les interrogations levées, les responsabilités établies, la justice passera », a-t-il promis.

Côté enquête, les services antiterroristes ont retrouvé dans le bureau de Mickaël Harpon une clé USB contenant des vidéos de propagande du groupe État islamique et des données relatives à des collègues, a indiqué à l’AFP une source proche du dossier. On ne peut toutefois pas dire à ce stade si ces fichiers sont liés ou non à son activité professionnelle, a-t-elle précisé.

Les enquêteurs cherchent d’éventuels complices dans les milieux radicaux, et à éclaircir la nature des informations auxquelles l’assaillant a pu avoir accès à la préfecture.

L’attentat vaut au ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, une volée de critiques et plusieurs convocations au parlement. Certains dans l’opposition, à droite et à l’extrême droite, ont exigé sa démission, exclue par l’intéressé qui a toutefois reconnu un « dysfonctionnement d’État ».

 

« Signaux d’alerte »

Le ministre a été auditionné à huis clos mardi matin par la délégation parlementaire au renseignement sur d’éventuels « dysfonctionnements » ayant permis l’attaque.

Il devait enchaîner dans l’après-midi avec la commission des lois de l’Assemblée nationale, cette fois devant la presse. Il sera également interrogé jeudi par la commission des lois du Sénat.

Le président de l’Assemblée nationale Richard Ferrand a annoncé mardi qu’il allait accepter la demande de la droite de création d’une commission d’enquête sur l’attaque, et que celle-ci se mettrait au travail « dès la semaine prochaine ».

Depuis la tuerie, de nombreuses voix accusent les autorités et cherchent à comprendre comment Mickaël Harpon a pu passer sous les radars. Selon le ministère, il avait donné des signes de possible radicalisation au sein même de la direction du Renseignement de la préfecture de police de Paris (DRPP) où il était employé.

Selon un rapport interne de la DRPP, Mickaël Harpon, qui était habilité « Secret Défense», aurait déclaré à deux collègues « c’est bien fait » au sujet de l’attentat en janvier 2015 contre le journal satirique Charlie Hebdo, mais ces derniers n’ont pas transmis de signalement écrit à leur hiérarchie.

« Les signaux d’alerte auraient dû être suffisants pour déclencher une enquête en profondeur », a accusé M. Castaner.

L’assaillant était converti à l’islam depuis une dizaine d’années et fréquentait des membres de la mouvance « islamiste salafiste », selon les enquêteurs qui s’interrogent également sur ses éventuels problèmes psychologiques vu son « comportement inhabituel et agité » à la veille de l’attaque.

Deux enquêtes administratives confiées à l’Inspection générale du renseignement ont été ouvertes par le premier ministre Edouard Philippe.

Sans attendre les conclusions, Christophe Castaner a tenté d’éteindre la polémique en demandant que toute alerte liée à la radicalisation fasse désormais « l’objet d’un signalement automatique », sans plus de précisions.

L’épouse de Mickaël Harpon, arrêtée au domicile du couple dans la banlieue de Paris, a été relâchée dimanche soir à l’issue de trois jours de garde à vue.

 

(afp)

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