Il facture un demi-million pour épier une prostituée

Un détective a surveillé jour et nuit une Russe pour le compte de son futur mari. Il répond d’extorsion et de chantage devant le Tribunal.

 

 

Un demi-million pour enquêter sur une prostituée pendant deux ans: c’est le tarif qu’un quinquagénaire suisse avait convenu de payer à un détective. Il était fou amoureux de cette Russe qu’il comptait tirer des griffes de la mafia albanaise. L’homme voulait tout savoir d’elle, nuit et jour, avant de l’épouser. Il a versé 370’000 francs au détective, dont le travail aurait été épuisant si l’on en croit son récit, déroulé jeudi au Tribunal de police de Vevey (VD).

Si le privé s’est retrouvé en procès, c’est qu’il a usé de chantage pour récupérer le solde du montant fixé. Il a aussi menacé son client, un gestionnaire de fonds, de le dénoncer à l’organisme de surveillance des marchés financiers ou encore à la Russe et à sa famille.

 

Un travail «d’équipe»

Le millionnaire a alors porté plainte, mais un arrangement à 15’000 fr. l’a convaincu de la retirer. Le client ne s’étant pas présenté au tribunal, le détective n’a pas eu de contradicteur pour décrire son travail et celui de «son équipe», son père et son épouse, domiciliés comme lui près de Nice (F). «Un tel montant peut choquer, mais cela correspond à un travail. Il voulait l’avoir, il l’a eue», a-t-il ajouté, parlant de la prostituée.

«Tout travail mérite salaire. Il y a eu accord. Cet argent était dû. Il n’y a pas d’extorsion, de menaces ou de volonté de s’enrichir», a soutenu Me Ludovic Tirelli en plaidant l’acquittement. Absent à l’audience, le procureur a réclamé 1 an de prison ferme pour chantage et extorsion.

 

Un autre cas à Genève

Une autre affaire a été abordée lors du procès. Le prévenu a en effet facturé 2500 francs à une dame qui voulait savoir si un proche était inscrit à l’Université de Genève (UNIGE) et s’il avait réussi ses deux premières années d’études. La cliente a versé 1650 francs pour ce renseignement facile à obtenir par d’autres voies.

Le détective affirme de son côté avoir dû corrompre une collaboratrice de l’UNIGE pour obtenir ces informations. Il lui aurait versé 1250 francs pour ce service rendu. Le rapport délivré à la cliente comportait en tout et pour tout six lignes de texte. Et le détective l’aurait harcelée pour obtenir davantage d’argent.

Le jugement sera rendu ultérieurement.

 

(c.h./20minutes)

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