Brady chasse les records pour la 100e saison NFL

La star inoxydable des New England Patriots, 42 ans, va tenter d’écrire un nouveau chapitre de sa légende en partant à la défense du titre.

 

 

Presque un siècle après la victoire des Dayton Triangles sur les Columbus Panhandles, lors du tout premier match opposant deux franchises de la Ligue nationale de football américain, les Chicago Bears et Green Bay Packers ouvriront l’exercice 2019-2020, 100e saison de l’histoire, jeudi soir.

Habituellement, c’est le vainqueur du précédent Superbowl qui a l’honneur du «kick-off», mais cette fois, la NFL a choisi symboliquement deux de ses plus vieilles franchises, centenaires elles aussi, qui vont s’affronter pour la 199e fois. Entre ces rivaux de la division NFC Nord, avantage infime aux Packers avec 97 victoires contre 95 défaites et 6 nuls.

Qu’importe de s’exposer en septembre, c’est en février qu’on compte les bagues de champion. Et à ce jeu-là, Tom Brady est passé maître depuis qu’il a changé le destin des Patriots, avec l’entraîneur Bill Belichick, arrivé comme lui à Foxborough en 2000.

Pour leur 20e saison en commun, ils tenteront de remporter un septième Superbowl, dont la 54e édition se jouera à Miami le 2 février 2020. Ce qui leur permettrait de dépasser les Pittsburgh Steelers, qui ont soulevé comme eux six fois le trophée Lombardi et qu’ils affrontent dès dimanche.

 

«Benjamin Button»

Nullement affecté par le poids des ans, Tom Brady semble au contraire rajeunir tout en restant le plus performant des quarterbacks de la Ligue, celui qui sait comment gagner les matches décisifs, imperméable à la pression.

Le «Benjamin Button» (personnage créé par Francis Scott Fitzgerald, qui rajeunit au fil des ans), de la NFL regarde avec sérénité par dessus son épaule: derrière lui, on ne parvient toujours pas à le faire vaciller de son trône. Le jeune prodige des Kansas City Chiefs, Patrick Mahomes (23 ans) et le talentueux Jared Goff (24 ans) qui joue aux Los Angeles Rams, dominés la saison passée en finale de conférence et lors du Superbowl, peuvent en témoigner.

«Je me retrouve dans une situation assez inédite. Je suis dans ma vingtième année avec la même équipe, j’ai 42 ans donc c’est un peu un rendez-vous en terre inconnue qui m’attend. Mais je suis prêt à repartir et c’est tout ce qui compte», a déclaré Brady qui a signé cet été une prolongation de contrat jusqu’en 2021.

Déterminé à ne pas faire la saison de trop, la star des «Pats» a plusieurs records dans sa mire. Après être devenu la saison passée le quarterback le plus âgé à s’adjuger le Superbowl, il pourrait devenir le deuxième à ce poste à disputer une quatrième finale consécutive.

 

Dure réalité

Brady peut aussi battre le record du plus grand nombre de passes de touchdown en carrière, propriété de Peyton Manning (539). Largement atteignable, mais en l’absence de son receveur favori, Rob Gronkowski, tout juste retraité à seulement 29 ans, celui qui compte 517 passes décisives sera concurrencé par Drew Brees des New Orleans Saints (520), de… deux ans son cadet.

Si Brady et Brees brillent par leur longévité insolente et la précision intacte de leur bras, la retraite de Gronkowski, ajoutée à celle d’Andrew Luck, quarterback des Indianapolis Colts, ont ramené le football américain à la dure réalité de la NFL, où les contacts toujours plus violents provoquent des blessures de plus en plus graves.

Epuisé par le cycle «incessant, implacable» de blessures, Luck, 29 ans, a ainsi estimé que «la seule façon d’en sortir était de ne plus jouer au football».

Bien que cette décision ait choqué le microcosme de la NFL, compétition la plus suivie à la télévision aux Etats-Unis, rien ne permet toutefois d’entrevoir une tendance des joueurs à vouloir raccrocher leurs crampons plus tôt.

L’ancienne star des San Francisco 49ers, Colin Kaepernick, sans club depuis trois ans et le mouvement de boycott de l’hymne américain qu’il avait lancé en signe de protestation contre les violences policières visant les Noirs, aimerait bien, lui, faire son retour sur les terrains. Mais aucune franchise ne lui offre pour l’heure cette opportunité.

Nul ne sait encore si en l’absence de Kaepernick – à qui s’en était notamment pris Donald Trump -, d’autres voix contestataires se feront entendre, à l’approche de la présidentielle de 2020.

 

 (afp)

 

Leave a Reply

Your email address will not be published.