Affaire Giroud: retour au Conseil de la presse

Dominique Giroud veut saisir le Conseil de fondation du Conseil suisse de la presse, invoquant un «vice de forme» dans le dossier des écoutes d’un ancien journaliste de la RTS.

 

 

Le Conseil de la presse n’en a visiblement pas terminé avec l’affaire Giroud. L’encaveur valaisan et son conseiller en communication Marc Comina lui demandent de se pencher une nouvelle fois sur le dossier des écoutes d’un ancien journaliste de la RTS.

Dans une lettre datée du 15 août, dont Keystone-ATS a obtenu une copie, les plaignants indiquent vouloir saisir le Conseil de fondation du Conseil suisse de la presse (CSP) d’une demande de révision de la décision rendue publique le 31 mai. Ils invoquent un «vice de forme» pour réclamer une nouvelle prise de position du CSP.

Ce printemps, l’organe d’autorégulation de la presse, arguant que le secret des sources prévaut sur toute autre considération, n’était pas entré en matière sur une plainte de l’encaveur. Ce dernier estimait que les conversations saisies au fil de ces écoutes révélaient de graves manquements à la déontologie de la part de l’ancien journaliste.

Tout en refusant de juger le cas, le CSP avait cependant tenu à rappeler un certain nombre de principes éthiques fondamentaux, en particulier le fait que les journalistes doivent «garder un comportement conforme à la dignité de la profession à l’égard de leurs sources».

Pour Dominique Giroud et Marc Comina, il s’agit là d’une «condamnation implicite» des méthodes employées par l’ancien journaliste, notamment en matière d’enregistrement et d’acquisition d’informations.

 

«Perche tendue»

Contactée par Keystone-ATS, la directrice du CSP Ursina Wey a relevé que les décisions de cet organe sont définitives, à moins qu’une partie ne parvienne à démontrer qu’une décision est basée sur des faits inexacts.

Mme Wey a ajouté que le Conseil de fondation de l’institution ne se mêle pas des prises de position du CSP. Sans avoir pu prendre connaissance de la lettre des plaignants, elle part de l’idée que le dossier reviendra sur la table du CSP, qui examinera la demande.

Marc Comina relève pour sa part que le règlement du CSP ne prévoit pas de recours en cas de vice de forme, mais qu’il ne l’exclut pas non plus. «Dans tous les cas, mon client espère que le Conseil de fondation du CSP ne se cachera pas derrière des arguments formels pour refuser de traiter sa demande de révision, mais qu’il saisira au contraire la perche ainsi tendue pour forcer le CSP à assumer enfin sa responsabilité de gardien de la déontologie journalistique.»

 

Jusqu’à Strasbourg

L’encaveur valaisan, qui a été condamné pour des faits d’escroquerie fiscale, a contesté la couverture de l’affaire par la RTS, estimant qu’un reportage de Temps Présent diffusé en 2015 avait donné «une image d’emblée négative».

L’Autorité indépendante d’examen des plaintes en matière de radio-télévision avait partiellement admis ses griefs en août 2016. Saisi par la SSR, le Tribunal fédéral avait confirmé le 6 mars 2018 la condamnation de la RTS. Celle-ci, insatisfaite, a saisi la Cour européenne des droits de l’homme. Elle estime que le jugement du TF entrave le travail d’enquête journalistique.

 

(nxp/ats)

 

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