Madrid accuse les indépendantistes catalans de rejeter le dialogue

Le gouvernement espagnol a accusé vendredi les séparatistes catalans de refuser sa dernière proposition de dialogue, qui avait suscité un tollé général en Espagne, annonçant l’arrêt des discussions.

« Cette proposition était une tentative de poser le dialogue de manière ordonnée, rigoureuse et avec conviction. […] Elle n’a pas été acceptée », a déclaré la numéro deux du gouvernement Carmen Calvo devant la presse.

« Pour le moment, la situation est au point mort car cette proposition n’est pas acceptée », a-t-elle ajouté.

Le chef du gouvernement socialiste Pedro Sanchez est arrivé au pouvoir début juin, notamment grâce aux voix des indépendantistes catalans, avec la volonté de reprendre un dialogue avec les séparatistes rompu par son prédécesseur conservateur Mariano Rajoy.

Mais les discussions ont vite tourné au dialogue de sourds, M. Sanchez envisageant un référendum sur plus d’autonomie de la Catalogne tandis que les indépendantistes restent arcboutés sur leur revendication d’un référendum d’autodétermination.

« Les partis indépendantistes demandent l’acceptation d’un référendum d’autodétermination qui ne sera jamais acceptable. Jamais pour un gouvernement comme le nôtre », a poursuivi Carmen Calvo.

« Quand deux parties soutiennent des positions aussi inconciliables, il faut tout simplement arrêter. Il n’y a pas d’autre solution », a-t-elle constaté.

Face à la requête incessante des indépendantistes, que refuse Madrid, d’une médiation internationale entre le gouvernement et l’exécutif régional catalan, Pedro Sanchez avait fait un geste en acceptant la présence d’un « rapporteur » indépendant dans le cadre d’une future table ronde entre partis catalans sur la crise qui secoue la région.

Ce « rapporteur » devait être chargé de faciliter le dialogue au sein de ce forum, qui se réunirait parallèlement aux discussions entre gouvernement central et régional.

Cette concession aux indépendantistes catalans a été jugée inacceptable par la droite et l’extrême droite qui ont convoqué une manifestation contre Pedro Sanchez dimanche à Madrid qui s’annonce importante. Mais elle a été critiquée au sein même du parti socialiste de M. Sanchez.

Le tollé provoqué par la concession du gouvernement sur le « rapporteur » intervient à quelques jours de l’ouverture mardi du procès historique de 12 dirigeants catalans pour leur rôle dans la tentative de sécession de 2017 et en pleine discussion sur le budget de l’État, que M. Sanchez ne pourra pas faire voter par le Parlement sans l’appui des indépendantistes.

Ces derniers refusent jusqu’ici de l’approuver. En cas de rejet du budget, M. Sanchez pourrait se voir contraint de convoquer des élections anticipées avant la fin de la législature en 2020.

 

(afp)

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