SNC-Lavalin: le bureau de Justin Trudeau aurait fait pression sur l’ex-ministre de la Justice

(Ottawa) Le bureau du premier ministre Justin Trudeau aurait fait pression sur l’ex-ministre de la Justice, Jody Wilson-Raybould, pour qu’elle intervienne à la faveur d’une entente hors cours dans le dossier de fraude et de corruption de SNC-Lavalin, rapporte The Globe and Mail.

Selon le quotidien, qui cite plusieurs sources anonymes, des membres du bureau du premier ministre auraient tenté de convaincre Mme Wilson-Raybould d’intervenir à la suite d’une décision du procureur du Service des poursuites pénales du Canada qui a refusé, l’automne dernier, de négocier une entente hors cour avec la firme d’ingénierie. La ministre aurait refusé.

Le bureau de Justin Trudeau nie avoir fait une telle demande. L’ex-ministre de la Justice, qui a perdu son ministère à la suite du remaniement ministériel du 14 janvier dernier, n’a pas souhaité commenter les informations du Globe and Mail. Mme Wilson-Raybould occupe maintenant les fonctions de ministre des Anciens Combattants.

« Les allégations du Globe and Mail sont fausses », a martelé le premier ministre Justin Trudeau lors d’un point de presse tenue en marge d’une annonce, à Maple, en Ontario. « Ni moi ni mon bureau n’avons demandé quoi que ce soit au procureur général actuel ou précédent », a-t-il ajouté, réaffirmant que le Canada respectait « la primauté du droit ».

Des accusations de fraude et de corruption pèsent contre la firme SNC-Lavalin, qui aurait versé des millions de dollars en pot-de-vin entre 2001 et 2011 pour s’assurer d’obtenir des contrats avec le gouvernement de la Libye.

Fortement ébranlée par ces accusations, la firme québécoise a par la suite fait du lobbying auprès d’Ottawa pour que le gouvernement canadien se dote d’un « régime d’accord de réparation ». SNC-Lavalin cherchait ainsi à éviter un procès coûteux qui risquait d’entacher la réputation de centaines d’employés, en plus de compromettre l’avenir de ses activités en la privant de nombreux contrats publics. La firme aurait fait valoir ces arguments auprès de représentants du gouvernement fédéral, rapporte The Globe and Mail, qui cite l’extrait d’une note de breffage en 2017.

Ottawa a bel et bien adopté un régime d’accord de réparation en mars 2018, ce qui avait été vu à l’époque comme une excellente nouvelle par les investisseurs de SNC-Lavalin.

Le Service des poursuites pénales du Canada a toutefois décrété en octobre dernier que SNC ne remplissait pas les critères pour se prévaloir de ce régime, une annonce qui a été reçue comme une douche froide par les marchés financiers. Des sources anonymes citées par le Globe and Mail allèguent que la décision de Mme Raybould-Wilson aurait provoqué la colère au bureau du premier ministre.

 

(lapresse)

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