Tsipras visite la basilique Sainte-Sophie

Le premier ministre grec est actuellement en visite en Turquie. Ce mercredi, il s’est rendu à la basilique Sainte-Sophie d’Istanbul, monument emblématique.

 

 

Le Premier ministre Alexis Tsipras a effectué mercredi une rare visite pour un dirigeant grec à la basilique Sainte-Sophie, monument emblématique et disputé d’Istanbul où la récente tenue d’activités liées à l’islam a suscité des crispations entre Athènes et Ankara. M. Tsipras, qui effectue depuis mardi une visite officielle en Turquie, était accompagné à l’intérieur de l’édifice par Ibrahim Kalin, principal conseiller et porte-parole du président turc Recep Tayyip Erdogan, a constaté une correspondante de l’AFP.

Construite à l’entrée du détroit du Bosphore et de la Corne d’or, la basilique Sainte-Sophie, où étaient couronnés les empereurs byzantins, a été convertie en mosquée au XVe siècle après la chute de Constantinople aux mains des Ottomans en 1453. Des minarets avaient alors été érigés autour du dôme byzantin.

 

Reconversion en mosquée?

Oeuvre architecturale majeure érigée au VIe siècle, Sainte-Sophie a été désaffectée puis transformée en musée dans les années 30 sous le régime laïque de Mustafa Kemal Atatürk et fait régulièrement l’objet de polémiques entre chrétiens et musulmans. Depuis l’arrivée au pouvoir en 2002 du Parti de la justice et du développement (AKP) du président Erdogan, les défenseurs de la laïcité s’inquiètent d’une éventuelle reconversion de Sainte-Sophie en mosquée.

Les activités liées à l’islam se sont en effet multipliées à l’intérieur de Sainte-Sophie ces dernières années, avec notamment des séances de lecture de versets du Coran ou des prières collectives sur le parvis du monument, mais le plus haut tribunal de Turquie a rejeté en septembre la requête d’une association demandant le droit d’organiser des prières musulmanes à l’intérieur de la basilique.

 

Restitution de terrains confisqués

La Grèce, qui surveille de près le devenir du patrimoine byzantin en Turquie, a plusieurs fois exprimé sa préoccupation quant aux initiatives visant à remettre en question le statut de Sainte-Sophie. Après la basilique, M. Tsipras doit se rendre au séminaire orthodoxe grec de Halki, situé sur l’île de Heybeli au large d’Istanbul, où il participera avec le patriarche Bartholomée de Constantinople à une cérémonie religieuse pour l’anniversaire du saint patron des lieux.

Il s’agira de la première visite d’un Premier ministre grec en exercice au séminaire, fermé en 1971 par le gouvernement turc en plein conflit entre Athènes et Ankara sur la question de Chypre. L’institut théologique d’Halki formait les futurs prêtres du diocèse de Constantinople. Ces dernières années, la Turquie, pays à majorité musulmane, a fait quelques gestes sur ce dossier, décidant de restituer à Halki des terrains confisqués en 1943. Mais la réouverture des lieux n’est pas prévue.

 

(nxp/afp)

 

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