Une ex-conseillère de Harper devrait être nommée déléguée générale du Québec à New York

(Québec) Issue des cercles conservateurs fédéraux, l’ex-conseillère du premier ministre Stephen Harper Catherine Loubier devrait être nommée déléguée générale du Québec à New York au début de 2019, a appris La Presse. Elle avait repris du service pour la Coalition avenir Québec (CAQ) dans les semaines qui ont précédé les dernières élections générales, pour préparer la transition d’un éventuel gouvernement Legault.

Le choix de Mme Loubier forcera François Legault à être créatif quant à ses justifications. Il veut privilégier les candidats au profil économique pour ces postes de représentants à l’étranger, alors que Mme Loubier a plutôt un profil de spécialiste en communications. Elle était dans ce secteur jusqu’à son dernier emploi avant de faire le saut avec la CAQ : responsable des communications du groupe Renault-Nissan, sous la direction du controversé Carlos Ghosn, avec un port d’attache à Paris-Boulogne, en France.

En outre, M. Legault a promis de ne pas procéder à des nominations partisanes – les états de service de Mme Loubier sont au Parti conservateur et à la CAQ.

Ici, on soutiendra probablement que pour ces postes – Paris, New York et Londres -, les pays hôtes s’attendent à ce que le représentant soit en symbiose avec le gouvernement, et surtout avec le cabinet du premier ministre.

Mme Loubier est dans l’orbite de la CAQ depuis juillet dernier. Elle n’aurait toutefois pas une permanence dans la fonction publique. Cet avantage accordé par Pauline Marois à l’ancien chef péquiste André Boisclair avait soulevé une vive controverse. Mme Marois avait retiré cette disposition rapidement.

Mais ce poste de New York n’a pas souvent été confié à des candidats au profil économique. Sous René Lévesque, cette nomination avait servi à remercier l’ex-ministre libéral Kevin Drummond, qui avait appuyé le Oui au référendum de 1980. Léo Paré, Diane Wilhelmy et Michel Robitaille étaient issus de la fonction publique québécoise. David Levine avait eu ce prix de consolation, à l’instigation de son ami Bernard Landry, pour ne pas avoir décroché la direction du Centre hospitalier de l’Université de Montréal. Bruno Fortier était un organisateur politique de Jean Charest à Sherbrooke. De 1984 à 1988, Rita Dionne-Marsolais, issue d’Hydro-Québec, était une déléguée économique.

À New York, le délégué général Jean-Claude Lauzon, psychologue industriel et proche de Philippe Couillard, a confirmé qu’il tirait sa révérence, arrivé au bout de son mandat de quatre ans.

 

Fonctions à Ottawa

Précédemment, Mme Loubier avait été, de 2013 à 2015, conseillère puis attachée de presse au cabinet du premier ministre canadien Stephen Harper. Elle était arrivée à Ottawa en 2006, dans l’équipe logistique de Stephen Harper, puis, jusqu’en 2010, toujours comme directrice des communications, au cabinet de Lawrence Cannon aux Transports, aux Affaires étrangères et finalement comme ambassadeur du Canada à Paris. Ce dernier aurait joué un rôle dans son atterrissage chez Renault-Nissan en 2016.

Mme Loubier a aussi été responsable des relations avec le Québec dans l’entourage de M. Harper, à l’époque où Denis Lebel était le lieutenant des conservateurs au Québec. Elle avait fait des sauts dans le secteur privé, pour One Drop, l’entreprise de Guy Laliberté, et pour Cavalia. Elle a aussi travaillé comme lobbyiste à la firme HKDP, mais elle n’avait plus de mandats à ce titre depuis 2013.

À la fin des années 90, elle était collaboratrice de Sylvain Vaugeois, du Groupe Vaugeois, un homme d’affaires atypique, lors de la mise en place de la Cité du multimédia, à l’époque où le regretté Bernard Landry était titulaire des Finances.

 

(lapresse)

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