L’extradition de Battisti doit être prioritaire

Le parquet brésilien demande à la Cour suprême de traiter en urgence l’extradition de Cesare Battisti vers l’Italie.

 

 

La procureure générale du Brésil a demandé à la Cour suprême (STF) de trancher rapidement sur la légalité d’une extradition de l’ancien militant d’extrême gauche italien Cesare Battisti. Le président Jair Bolsonaro se dit prêt à le renvoyer en Italie.

Dans un document daté du 30 octobre, mais parvenu lundi au STF, Raquel Dodge a demandé «de traiter en priorité le jugement» qui avait été reporté sine die par la plus haute juridiction du Brésil, il y a un an. A l’époque, les avocats de M. Battisti avaient présenté une demande d’habeas corpus pour empêcher que le président conservateur Michel Temer n’extrade leur client vers l’Italie.

L’Italien a été condamné en 1993 par contumace par la justice de son pays à la réclusion à perpétuité pour quatre meurtres et complicité de meurtres à la fin des années 1970. Entre prison, cavale et asile politique, Cesare Battisti, aujourd’hui âgé de 63 ans, a vécu en Italie puis près de 15 ans en France, avant de s’exiler au Brésil en 2004.

 

Le décret de Lula

Elu avec 55% des voix le 28 octobre, le candidat d’extrême droite Jair Bolsonaro a promis à plusieurs reprises durant la campagne qu’il extraderait M. Battisti. Il avait d’ailleurs été chaudement félicité par le vice-premier ministre italien Matteo Salvini. «Après des années de vains discours, je demanderai qu’ils nous renvoient en Italie le terroriste rouge Battisti», avait affirmé l’homme fort du gouvernement italien sur Twitter.

Lundi, dans un entretien à la chaîne de télévision Bandeirantes, le président élu a affirmé que, si cela ne tenait qu’à lui, celui qu’il qualifie de «terroriste» serait «renvoyé immédiatement en Italie». Mais il a admis que «la décision revient au STF». Plus tôt dans la journée, il avait reçu l’ambassadeur d’Italie au Brésil à son domicile de Rio de Janeiro.

L’ancien président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva avait, au dernier jour de son mandat en 2010, rejeté l’extradition de M. Battisti décidée à l’époque par la Cour suprême, par décret. Un décret que la défense de M. Battisti considère irrévocable.

 

(nxp/ats)

 

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