Seriez-vous prêt à investir vos économies dans l’achat d’un nuage ?

Si vous répondez par la négative à cette question, c’est que vous n’avez assurément aucune monnaie virtuelle, et probablement que vous n’avez jamais fait l’acquisition d’œuvres d’arts de grande valeur, d’aucune action de société cotée en Bourse et d’aucun fonds de placement basé sur une quelconque valeur boursière.  Et si vous avez répondu non à cette question mais que vous possédez l’un ou l’autre de ces « actifs », et bien il y a fort à parier que vous aimez la spéculation au point d’être prêt à prendre de forts risques financiers. Explications.

 

 

Lorsque vous achetez une monnaie virtuelle, la valeur réelle de votre monnaie est de…zéro.  En effet, vous n’achetez rien, que des « bits » en fait.  Une monnaie virtuelle ne vaut rien mais, surtout, n’est adossé à aucun actif, et personne (de solvable ou non) ne vous promet de rachat.  Il est d’ailleurs très surprenant de voir les régulateurs ne pas interdire ce type de produits alors que des commerçants, pour moins que cela, se sont retrouvés en prison simplement pour avoir surévalué de 15% ou 20% la valeur réel d’un actif vendu, qu’il soit ou non financier.

Et que dire de la valeur de certaines œuvres d’arts ?  Comment expliquer qu’un peintre qui a pris une seule journée pour terminer un tableau puisse avoir vu sa valeur, parfois, dépasser les dizaines de millions de dollars ? Les œuvres d’arts, tout comme les monnaies virtuelles, se transigent uniquement sur la valeur créée par l’offre et la demande…et aussi (peut-être même surtout) par de la manipulation de marché. En effet, il est très fréquent, même sur les ventes aux enchères publiques, que le « vendeur », qui est souvent inconnu, ne demande à des amis de faire augmenter artificiellement les mises pour que le prix dans les « livres officiels » ne soit également augmenté dans les mêmes proportions.

Pour revenir aux monnaies virtuelles, une étude récente réalisée par le Crédit Suisse estime que 97% des Bitcoins appartiennent à….4% de ses détenteurs. Sachant cela, comment ne pas arriver à la conclusion qu’au surplus du fait que le Bitcoin ne vaut – dans les faits – rien du tout, qu’en prime sa valeur est manipulée par un groupe restreint d’individus.  Et le plus inquiétant, c’est que personne ne sait réellement qui sont ces « individus ». Et pourtant, personne ne réagit.

En 2017, la valeur moyenne d’une action de Microsoft était de $ 18.77, soit 1’020% de plus que sa valeur réelle.  Bref, si les actionnaires de Microsoft avaient demandés à la société de leur racheter leurs actions et, donc, de les rembourser, chaque actionnaire aurait récupéré 9.8% de son investissement une fois que Microsoft aurait eu procédé à la vente de l’intégralité de ses actifs.

D’autres exemples ?  En 2017 la valeur boursière de Apple représentait 688% de plus que sa valeur réelle.  En 2017 la valeur boursière de Facebook représentait 735% de plus que sa valeur réelle.

 

Qui s’enrichit vraiment ?

Dans le cas des monnaies virtuelles, personne ne sait vraiment qui s’enrichit.  Dans le cas des œuvres d’arts, les courtiers et marchands d’arts n’ont jamais fait autant d’argent que dans les dix dernières années.  Certains marchands d’arts sont devenus milliardaires et possèdent parfois plus d’un avion privé.

En ce qui concerne les sociétés cotées en Bourse, les actionnaires qui étaient présents avant et au moment de l’émission de leurs actions sur le marché public empochent parfois des milliards de dollars.  En effet, lors de l’introduction en Bourse d’une société, le ou les principaux actionnaires recevront, à prix préférentiel, des actions, qu’ils pourront subséquemment revendre sur le marché.  A titre d’exemple, uniquement pour l’année 2012, Mark Zuckerberg a touché la somme de 2.3 milliards de dollars en ne revendant qu’une petite partie des actions qui lui avaient ainsi été cédées à prix préférentiel.

Les banques, les mêmes qui vous « proposeront » ces actions, touchent de généreuses commissions.  D’ailleurs, bien que ce soit « légal » et « accepté », lorsque votre banque vous propose d’acquérir des actions d’une société, elle est souvent – aussi – la banque de la société en question et/ou des détenteurs de ces parts qu’elle vous propose.

Bref, dans bien des cas, la banque qui vous proposera des actions se trouve à toucher une commission pour vous la vendre en surplus d’être grassement rémunérée par la société elle-même et/ou ses dirigeants ou actionnaires.

C’est un peu comme si vous souhaitiez acquérir une maison et que votre courtier immobilier était principalement rémunéré par le vendeur…sans compter que le courtier est rémunéré sur la base d’une commission sur le prix de vente.  En conséquence plus le prix payé sera élevé, et davantage d’argent fera le courtier.  L’intérêt financier de votre courtier sera donc de vous faire payer le plus d’argent possible pour l’acquisition, ce qui est clairement, dans les faits, une situation de conflit d’intérêts, mais les gouvernements tolèrent ce type de comportement dans le domaine financier.  Normal, les banques sont généralement les plus généreux donateurs des partis politiques.

 

(Editorial – International Insider)

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